Joseph Losey

Biographie

Joseph Losey tourne son premier long métrage en 1948 : Le Garçon aux cheveux verts, une fable antiraciste. Puis il signe The Lawless (1950) qui décrit la relation entre un journaliste vieillissant et une jeune institutrice sur fond de lynchage raciste à la frontière mexicaine. The Prowler (1951), un autre film criminel, fixe enfin son langage technique et sa manière de traiter les personnages. Car s’il n’est pas encore maître du sujet de ses films, Losey se les approprie par la matière des images et un style d’interprétation propres à mettre en lumière la vulnérabilité de l’individu face au monde qui l’entoure.

Après le remake de M le Maudit de Fritz Lang, sous le même titre, Losey, soupçonné de sympathie pro-communiste par la commission des activités anti-américaines, s’exile en Grande-Bretagne. Après quelques films tournés sous un pseudonyme (The Sleeping Tiger, 1954 ; The Intimate Stranger, 1956 ; Gypsy, 1957), Losey réalise le thriller Blind Date (1959), sur un scénario de Ben Barzman, avec Stanley Baker, Hardy Kruger et Micheline Presle.

Il descend encore dans le registre noir avec Les Criminels (1960) où les tourments de l’âme résonnent du fond des prisons. Il est obsessionnel avec Les Damnés (1961), qui racontent comment un savant croit sauver des enfants irradiés de la corruption extérieure en les séquestrant. Rien ne vaut le lyrisme d’Eva (1962), tiré du roman de James Hadley Chase : la beauté glacée de Venise en hiver devient l’éternel point de brisure d’un couple dominé par la cruauté de Jeanne Moreau et la déchéance de Stanley Baker. Pour l’exemple (1964) dénonce l’horreur de la guerre. Les scénarios de Harold Pinter sonnent l’âge d’or du cinéma de Losey. Ainsi The Servant (1963), avec Dirk Bogarde et James Fox, raconte l’inversion machiavélique des rapports de domination entre un maître et son valet.

Même sens psychologique poussé à l’extrême avec Accident (1967) et Le Messager (1970). Après Cérémonie secrète (1968) avec Elizabeth Taylor, Mia Farrow et Robert Mitchum, puis Boom (1968), mélodrames troubles, Losey tourne en France. Si Maison de poupée (1972), d’après la pièce d’August Strindberg, est honorable, l’opéra filmé Don Giovanni (1978) est une des premières réussites du genre. Pour l’histoire très kafkaïenne de Monsieur Klein (1975), joué par Alain Delon, Losey crée une tragédie en langue française centrée sur la quête de l’identité. La même année, c’est Yves Montand qu’il dirige dans les Routes du Sud ou la nostalgie des vaincus de la guerre d’Espagne. Joseph Losey meurt juste après le tournage de Steaming, en 1984.

Réalisateur

1948 Boy with green hair (The) - Le Garçon aux cheveux verts
1949 Lawless (The) - Haines
1950 Prowler (The) - Le Rôdeur
1951 Big night (The) - La Grande nuit
1951 M
1952 Stranger on the prowl - Un homme à détruire
1954 Sleeping tiger (The) - La Bête s’éveille
1955 Intimate stranger (The) - L’Etrangère intime
1957 Gypsy and the gentleman (The) - Gypsy
1957 Time without pity - Temps sans pitié
1959 Blind date - L’Enquête de l’inspecteur Morgan
1960 Criminal (The) - Les Criminels
1961 Damned (The) - Les Damnés
1962 Eva
1963 Servant (The)
1964 King and country - Pour l’exemple
1965 Modesty Blaise
1966 Accident
1968 Boom
1968 Secret ceremony - Cérémonie secrète
1969 Figures in a landscape - Deux hommes en fuite
1970 Go-between (The) - Le Messager
1971 assassino di Trotsky (L’) - assassinat de Trotsky
1972 A doll’s house - Maison de poupée
1974 Galileo
1975 Monsieur Klein
1975 Romantic englishwoman (The) - Une anglaise romantique
1977 Routes du sud (Les)
1978 Giovanni
1982 Truite (La)
1983 Steaming

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